Je t'écris pour te dire que je suis bien arrivé en Normandie. La colo est super ! Les animateurs et les copains et copines sont super cools.
C'est vrai que c'est silence radio depuis plusieurs jours, mais les activités sont tellement nombreuses et stimulantes que je n'ai pas eu l'occasion d'écrire avant.
Mais ne t'inquiétes pas, tout va bien. Très bien !
Bien arrivé à Rouen - STOP Bien emmenagé - STOP Connexion Internet inactive - STOP Ai capté une borne wifi ouverte - STOP Petite semaine off - STOP Plein de paperasse à faire - STOP (<-AAAAAAARRRRggghhh - STOP)
Deux heures d'antenne, en pleine
régression... mais ton métier, c'est de gérer les agendas des artistes,
de leur organiser des interviews avec les médias, pour assurer la
promotion de leurs dernières "oeuvres" et de les accompagner.
Clauna balance, balance, balance... et Calumet adore ! il matte le décolleté de Clauna, fraichement refait.
L'émission arrive à sa fin et il va te falloir supporter à nouveau
les caprices de mademoiselle, jusqu'au prochain rendez-vous,
l'enregistrement de "Tout le monde en parle", qui va durer huit heures.
Calumet : hey ! mon p'tit coco, t'es gentil, mais la prochaine fois tu te magnes le cul ! Putain de larbin !
Toi : Ok ! Je fais mon maximum, mais la princesse ne voulait pas venir ici... elle n'est pas du matin !
Calumet : C'est elle la star et toi l'attaché de presse ! tu te démerdes ! ... On s'est déjà vu , non ?...
Toi : y a des chances !
Calumet : ha... c'est toi qui t'occupes aussi de Sophie M. et Anna M. ?
Toi : entre autre !
Calumet : Cool ! Y a moyen de les inviter ici ?
Toi : je ne sais pas, ça dépend si on arrive à être à l'heure...
Calumet : hooo, me dit pas que t'es vexé ??? j'déconnais ! je sais bien que c'est Clauna la petite merdeuse...
Toi : écoutes, je vais voir ce que je peux faire pour toi !
Clauna arrive vers toi et son sourire à deux cents s'efface lorsque tu lui tends son casque...
C'est parti pour huit heures d'enregistrement et d'attente dans les loges du studio de Tout le monde en parle. Cela
veut aussi dire que tu vas devoir passer une bonne partie de cette
attente à supporter Clauna, dont la tête gonfle à mesure que les
interviews et passages télé s'accumulent. Elle ne perçoit pas sa
fonction d'objet marketing totalement fabriqué par Mempagol. Elle
glousse, vomit le discours que la production lui a subtilement inséré
dans le crâne...
Tu as besoin de te changer les idées. Tu laisses ton produit se
ridiculiser auprès des autres invités de l'émission, et tu te diriges
vers les toilettes. Personne ! C'est calme et cela contraste avec l'effervescence des lieux.
Tu verrouilles la porte et te dirige vers le lavabo et son miroir.
Tu regardes ton reflet s'afficher péniblement dans tes rétines. Des
cernes affichent clairement ta fatigue et ton stress. Tu baisses la
tête, t'asperges le visage d'eau... Aucun effet ! Tu attrappes ton
porte-feuille dans lequel se trouve une petite boule de papier que tu
déplies. A l'aide de ton amex, tu prépares la poudre qui s'aligne en
trois rails parallèles. Un billet, en forme de tube, enfoncé dans ta
narine, tu renifles pour faire remonter la coke. Tu changes de narine
et recommences l'opétation, jusqu'à ce que toutes les lignes aient
disparu.
Tu relèves la tête et sursautes en voyant l'image dans le miroir...
tu te retournes... personne ! Vérifies que la porte est toujours bien
verrouillée. C'est le cas... De nouveau face au miroir, tu regardes
mais ne te reconnais pas. Tu ne vois pas les discrets autocollants qui
maintiennent tes cheveux, ni tes joues que tu ne mords plus et qui
devraient donc être arrondies. Tu vois un visage anguleux, un sourire étrange aux lèvres... Tu fermes les yeux puis les réouvres lentement... Tu me vois !
5h30 du mat'... tu es au pied de
l'immeuble de la starlette que tu dois emmener sur le plateau d'une
radio djeunes, pour un direct. Une ex de la téléréalité "Beautifull is
beautifull", une émission dont le concept est de prendre des femmes au
physique moyen et de les transformer en vampe, grâce à des
interventions chirurgicales. Concept importé des States par Mempagol,
le distributeur de télé réalité en France. Ta peoplette a fini
deuxième et a écrit un bouquin pour balancer comment c'était horrible
de tourner dans cette émission... Elle balance à tout va, mais c'est
surtout une petite peste qui a la tête boursouflée par sa soudaine
notoriété...
Bien-sûr, elle n'est pas prête, tu viens de la réveiller en sonnant à l'interphone !
P'tain, 'spèce de connard ! t'as vu l'heure ?? ... de toute façon, je la fais pas ta radio de merde, Bouffon...
Elle raccroche brutalement l'interphone sans t'ouvrir... tu hésites... - la laisser se faire sa réputation de chieuse en ne se pointant pas à ses rendez-vous - Forcer la porte, grimper jusqu'à chez elle, et la buter - insister de façon diplomate, comme tu as toujours su faire...
Tu es complexé et tu aimes être aimer, et surtout tu détestes les conflits... Tu
insistes sur l'interphone pendant au moins deux minutes... Ce qui est
long lorsqu'on est sous le feu de la sonnerie stridente...
T'es qu'un gros CONNARD !!! J'vais te faire virer comme un gros looser que tu es !
Ok, si tu veux, mais en attendant on a une émission et je me suis levé aussi de bonne heure, pour venir te chercher...
C'est ton problème !
ça, c'est clair... bon, tu viens !
Fais chier !... Attend moi en bas, je me prépare !
Voilà, tu n'as plus qu'à attendre et à cogiter sur ta triste
condition... Heureusement, les starlettes de la téléréalité ne sont pas
ton lot quotidien... Tu remplaces juste une amie qui a chopé une
vilaine gastro.
Si seulement, tu avais plus confiance en toi, tu l'aurais cloué sur place cette greluche...
Et l'heure qui tourne... Il est 6h30 et tu devrais être en train
d'arriver sur le plateau avec ta star, pour qu'elle fasse connaissance
avec les animateurs. Ton téléphone sonne... c'est l'assistante ed
rédaction qui t'appelle pour savoir où la star en est... Tu te fais
incendier lorsque tu dis que tu fais le planton en bas de chez elle !
Putain d'attaché de presse à la noix ! Tu vas lui bouger le cul ou vous ne faites pas lep lateau !
Ok ok ! C'est promis, on est là dans 15 minutes
Z'avez intérêt !
Nouvel appui sur l'interphone... nouvelle hystérie ! Finalement,
elle est en face de toi deux minutes plus tard. Elle tire la tronche
lorsque tu lui temps un casque et qu'elle comprend qu'elle n'a pas la
limousine, mais le scooter...
Fume Live et son animateur vedette : Calumet ! La ligne de cette radio, c'est le trash, la défonse, les blagues potaches et le sexe !
Tu arrives à la limite de l'heure autorisée avec Clauna, ta
starlette refaite par Beautifull is beutifull. Elle est hystérique et
te traites comme une sous-merde. Et tu maudis la gastro de ton amie qui
t'a refilé la patate chaude. C'est le premier jour du lancement du
"livre" de Clauna... Et tu vas donc passé plusieurs jours en sa divine
compagnie, à la soigner, à t'occuper d'elle et de ses rendez-vous
médias.
Son livre est un crachat dans la soupe ! Enfin c'est comme ça que
le téléspectateur lambda doit le percevoir. Mais ce n'est qu'une
habituelle manipulation des maisons de productions de télé réalité. Il
y a toujours un candidat qui dénonce les mauvais traitements, les
manipulations, la scénarisation du programme. Bien sûr le producteur
s'offusque publiquement de ces attaques, mais en réalité, cela lui
permet d'attiser le goût pour le glauque des téléspectateurs. Finalement, dans ces programmes, ce qui fait le plus d'audiences c'est le sexe et les prises de becs.
L'assistante de rédaction est une furie, mais comme ce n'est qu'une
assistante de rédaction, elle ne s'en prend pas à la starlette, mais à
toi, l'attaché de presse, comme elle, un "larbin" de "star". Tu
restes zen, mais n'en penses pas moins. Tu joues la diplomatie, car tôt
ou tard tu devras replacer un autre de tes clients sur cette émission,
et tu ne veux pas griller tes cartouches.
Clauna arrive dans le bocal "On air" où sont installés animateur et chroniqueurs. Calumet, très en forme, il adore les starlettes !
Calumet :Salut ma p'tite poule ! alors t'as la peau tendue ?
Clauna : ouai ouai, ha ha ha, mais c'est tous des connards qui ont voulu me la faire à l'envers !
Calumet : Ouai ! on est tous des cochons !
Calumet : Clauna, dis camion !
Clauna : hein... heu... Camion...
Calumet : pouet pouet !
...
Et toi, derrière la vitre qui te sert de cordon sanitaire anti connerie, tu assistes à se spectacle déplorable...
Tu souffles et commences à transpirer mais seize pompes ne suffiront
pas. Il faut enchainer avec les abdos. Plusieurs séries de différents
exercices comme t'a montré l'entraineur du Forest hill du quartier que
tu as payé une fortune l'année dernière, mais où tu n'es allé que
pendant 1 mois...
Une centaine d'abdos... Tu es trempé ! Tu te redresses maladroitement pour rejoindre la salle de bain et regarder les effets de tes efforts.
Petit sot ! Après une séance tu penses que cela sera visible ? Tu t'aperçois que non...
Ta parure de playboy n'a aucun effet sur ton propre regard. Tu as
un potentiel indéniable, mais toutes ces années de fêtes, de paraitre,
de coucheries dans le show bizz à faire travailler tes narines et ton
foie ont eu raison de ta ligne... et de ta tête !
Une nuit de plus, passée dans le studio
que tu occupes au coeur de Paris, dans un quartier populaire depuis 5
ans... Depuis que tu es arrivé dans cette ville riche et anonyme. Une
nuit courte car l'une de tes stars passe en direct sur une radio
djeunes à 7 heures du matin... le temps d'aller la récupérer au pied de
son immeuble dans les quartiers luxueux, mais surtout le temps de
revêtir ta carapace, tu t'es levé à 4h.
Premier réflexe : aller voir ta silhouette dans le miroir... pas mieux...
Une douche, un gommage, du fil dentaire... ta gaine, tes lentilles,
tes cheveux... ton costume à la dernière mode... ton personnage est fin
prêt !
Les
cheveux gominés, plaqués tel un golden boy de la première heure, tu
regardes ton reflet dans le miroir de l'ascensseur qui te ramènes chez
toi. Ton costume Paul Smith à rayure, ton tee shirt blanc moulant, te
donnent une allure de conquérant. Tu te regardes et tu sais que tout cela n'est que virtuel... pour l'instant...
L'ascenseur s'ouvre et il est temps de retirer ton costume d'Edgar !
Ton costume d'Edgar... Ton uniforme qui te permet d'évoluer dans un univers dans lequel le paraitre est une arme puissante.
Tu ouvres la porte de ton studio qui renferme ton univers, la
réalité sur ta petite personne. Droit vers la salle de bain, il est
temps que tu retires ton masque. Le néon, au dessus du miroir, clignote
et t'aveugle. Tu as du mal à refaire la mise au point sur ton image...
Puis ton visage apparait, tes cheveux noirs plaqués, tes yeux bleus,
ton accoutrement... tu ressembles à un playboy italien.
Dans le reflet que te renvoie le miroir tu te vois 10 ans plus tôt... Tu
commences par décoller les autocollants couleur chair qui maintiennent
ton casque gominé. Tu peux retirer ses faux cheveux qui font illusions
aux yeux du monde mais qui te compriment le crâne à longueur de
journée. Dans le même temps, tu t'arrêtes de te manger les joues qui te
donnent un visage émacié... elles reprennent leur forme arrondie.
Puis vient le tour de tes yeux... grâce aux lentilles de couleurs,
c'est plutôt facile comme subterfuge... Tu as hésité, à un moment, à
alterner entre le vert et le bleu, mais la peur que tu sois découvert
t'a rendu prudent et fixé sur le bleu.
Ton visage devient la réalité que tu souhaiterais autre.
La veste Paul Smith soigneusement posée sur son cintre, tu otes ton
t-shirt blanc moulant, qui laisse apparaître la gaine qui comprime ton
ventre. les crochets dans le dos, tel un soutien-gorge. La gaine
enlevé, ton ventre reprend sa forme de bouée tombante...
Te voilà !...
Tu oses à peine te regarder... Comment pourrais-tu te présenter au
monde comme cela ? Tu travailles dans le show biz... attaché de presse
de stars... Cannes vient de se terminer et il t'a été difficile de faire illusion aussi longtemps.
Tu ne supportes plus tout ce rituel... cheveux et lentilles
pourraient être supprimés mais le reste ! Il ne tient qu'à toi de faire
fondre tout ça...
Comme vous le savez, ou comme vous l'aurez remarquez, je suis un grand
pacifiste... Mais mes limites ont des limites...
Après avoir tranché la gorge de la vieille peau du troisième qui
manquait de respect à mes invités et à ma famille, après avoir encastré
un sonotone improvisé dans les encornets du voisins du 2e et lui avoir
balancé des rythmes musicaux insoutenables pour son oreille de
mélomane, je me suis occupé de sa femme !
L'immeuble commence à devenir un lieu où il fait bon vivre ! Voilà maintenant 8 mois que nous occupons ce bel appartement au premier
étage d'une résidence récente, lovée dans une ruelle à sens unique où
peu de voitures s'aventurent. Passé la mauvaise surprise du coût du
chauffage électrique, nous avons découvert la faune locale. Plutôt
familiale mais avec quelques vieux retraités qui ont investi dans la
pierre de la batisse et se prennent donc pour les maitres du royaume.
Mais soit ! Il fait tout de même bon vivre ici et cela s'améliore de
jour en jour depuis que j'ai pris les choses en main.
Depuis que nous sommes installés ici, j'entends la voisine de
l'appartement juste au dessus de nos têtes, faire les cent pas le matin
vers 6H30/7H et le soir vers minuit/1H. j'estime qu'elle a parfaitement
de droit de s'entrainer pour la "Parisienne", mais je ne comprend pas
pourquoi elle le fait en talons ??? Ce qui me donne
l'impression d'être sous les coups d'un marteau -piqueur.
Et depuis que j'ai enfermé son mari dans notre cave, à coté du cadavre
de la vieille du troisième, elle doit être anxieuse car le rythme de
ses pas s'est accentué.
Ce matin, 6H30. Ses pas martellent le sol et je n'en peux plus. Je
patiente tout de même en me préparant. J'enfile mon costume Armani noir
tennis, une chemise blanche immaculée. Elle court toujours !
Et moi, je monte ! Je sonne à sa porte. J'entends son pas saccadé qui
se rapproche, la clé tourne et la porte s'ouvre. Ni une ni deux, elle n'a pas le temps d'ouvrir la bouche que je lui ai
mis un coup de boules qui l'envoi s'avachir dans son canapé. Je referme
la porte paisiblement, m'avance vers elle, qui visiblement est dans les
vapes. Elle porte un marcel et un short en lycra rose, mais c'est bien
des talons aiguilles qu'elle a aux pieds.
Les gens sont bargeots ! Je profite qu'elle est sonnée pour aller dans sa cuisine. J'attrappe le
tablier que j'enfile ainsi qu'une petite hache à viande. Je retourne
dans le salon. Elle semble reprendre ses esprits, mais je ne lui en
laisse pas vraiment le temps en lui assénant mon point sur le nez !
Elle est K.O !
J'attrappe la hache, lève le bras très haut, au-dessus de ma tête, et
rabat de toutes mes forces. Les pieds en moins, ce sera plus difficile
pour enfiler ses talons...
Un vendredi soir, pas comme n'importe quel vendredi soir. Je sors
du bureau en courant. Une urgence ! Enfin deux : je dois aller chercher
ma fille avant la fermeture imminente de la crèche et je dois aussi
faire les course pour le diner romantique que j'avais prévu pour
l'anniversaire de ma femme... et en profiter pour acheter les derniers
cadeaux...
Forcément, la ville est embouteillée ! Les bus sont à la bourre, les
voitures se lèchent les parechocs et les passants se lambinent sur les
trottoirs... Je décide malgré tout de descendre du bus car j'avancerai
probablement plus vite que lui à pied, malgré les lambins qui obstruent
les trottoirs.
Me voilà à la crèche, un regard légèrement teinté de reproche de la
part de la directrice de la crèche qui elle aussi a envie d'être en
week-end. J'attrappe ma fille, écoute le récit de sa journée, fait par
la directrice de la crèche (et oui pas ma fille qui fait son récit, à
part par du babillage), et d'un pas pressant je regagne le parking de
l'immeuble pour sauter dans la voiture et retourner sur mes pas, dans
les bouchons boulonnais pour rejoindre les Passages. Mes cibles : Inno, Orcanta, La Fnac et la boulangerie qui tue sa race... Une petite heure pour tout ça et je regagne l'appartement familial. Ma femme est déjà là.
elle : bonsoir
Moi : ferme les yeux
elle : ok... je m'occupe du repas de Z..
Moi : pas de problème... heu, tu sais où je peux trouver du papier cadeau ?...
elle : ho tu sais ce n'est pas la peine...
En fait, un seul des cadeaux n'a pas d'emballage, mais malgré tout,
j'improvise un paquet avec un sac en papier et quelques agraphes. Pendant qu'elle s'occuppe de notre fille, je me charge de notre diner et du champagne. Elle
va dans la chambre de notre fille pour la mettre en pijama et la
coucher pendant que je prépare la table. Quelques bougies, les couverts
et assiettes "du dimanche", les flûtes à champagne... et le menu ! Il est 21H Nous trinquons à son anniversaire et je lui offre ses cadeaux. Elle semble heureuse. Puis,
comme un bruit répétitif dont il nous faut quelques secondes pour nous
rendre compte qu'il s'agit du voisin, juste au dessus, qui doit fêter
aussi quelque chose de son coté, avec des amis, et les basses de sa
sono à fond... Nous nous regardons, ma femme et moi, en nous disant
que c'est comme cela. Que peut-on y faire ? En bons voisins, nous
faisons museaux, et continuons à déguster notre soirée sponsorisée par
les basses du dessus... Puis ma femme décide qu'elle va se coucher car
elle travaille tôt le lendemain et jusque tard le soir. Je
l'accompagne,elle s'endort rapidement, mais moi, je n'y arrive pas et
me relève donc pour lire le roman en cours. Douglas Kennedy. Au-dessus,
c'est de plus en plus rythmé. Il est 1h du mat, et ils balancent la
danse des canards, la compagnie créole et autres sons du genre... Des
éclats de rires, des chaises qui cognent le parquet et qui font vibrer
l'immeuble entier. Ils doivent faire une chaise musicale...
C'est décidé, je me rhabille à la hâte. Mon bas de jogging, un
t-shirt blanc déprimé et des mocassins aux pieds... avec cette tenue,
je risque de leur faire peur... Je monte les marches et frappe à la porte de l'appartement incriminé. Mon
voisin - enfin je suppose que c'est lui car derrière le nez de clown
rouge et son chapeau en carton bariolé, je ne suis pas certain de le
reconnaitre - m'ouvre la porte, l'air aviné.
lui : 'soiiiiiiiiirrrr... qisss kiveeeeeeeeeee lll'mmmeeeeeussssieeeeeeuuuuuu
Moi : bonsoir ! Juste si vous pouviez baisser un peu le son de la
musique et évitiez de jouer à la chaise musicale, cela m'arrangerait et
me permettrait d'aller me coucher.
lui :hooooooooooooooooooo, l'raaaaabaaaaaajoiiiiiiiiii... c'eessst
la fêêêêêêêtttteee... viiiieeeeeennns boiiiiiiirrrre un coup d'Kritter
et ça va t'dérrrideer l'voisiinnnnnnnnnn
Moi : c'est gentil, mais non merci. Je vous demande juste de
baisser un peu le son, pas d'arrêter votre soirée. La chambre de ma
fille est juste en-dessous de votre salon.
lui :hhhooo t'vas poooo m'prendddreee la teute nan !!!! meeerrrrde alors ! t'fais chier connaaaarddd d'voisin
Et là, j'ai attrappé son chapeau en forme de cône lui ai planté dans l'oreille et ai gueulé dans l'entonnoir :
J'VAIS T'CREVER ESPECE D'ABRUTI !
je l'ai chopé par le cou et l'ai entrainé jusqu'à mon appartement. Visiblement tous beurrés chez lui, personne n'a rien vu. Lui, tellement aviné, il n'a pas décroché un mot. Je lui ai murmuré à son oreille non appareillée : tu connais le cri qui tue ? j'vais te faire écouter le son qui tue mon brave... Il
a commencé à émerger un peu de son brouillard et à se débattre. Je lui
ai alors collé une double baffe sur les oreilles (façon Depardieu de la
grande époque), ce qui l'a sonné.
J'ai attrappé mon iPod, lui est mis les écouteurs sur les oreilles et ai mis le son à fond :
Samedi, fin d'après midi Après avoir fait le ménage, ranger l'appartement, je prépare le menu pour les invités du soir. Nous serons six. Le soleil brille et réchauffe agréablement ce début septembre.
Il me reste une ou deux courses à faire et tout sera fin prêt ! Je descend la rue en direction du Franprix, achète 5 bouteilles de St Chinian, 3 bouteilles d'un quelquonque rosé et me voilà qui grimpe à nouveau la rue en direction de l'immeuble. J'apperçois deux de mes balcons et me dit que j'ai bien de la chance ! L'un servant de terrasse et l'autre de "buanderie", les beaux jours. J'y ai étendu le linge fraichement lavé. On peut distinguer, légèrement l'étendoir depuis la rue.
Arrivé au pied de l'immeuble, une voisine, la cinquantaine bien entamée s'adresse à moi comme si j'étais la petite racaille locale :
La mégère : C'est vous qui êtes à ce balcon ?
Moi : heu... oui !
La mégère : C'est interdit ! Enlevé ça immédiatement !
Moi : Quoi ??? Pardon ? Vous me dites ???
La mégère : Vous n'avez pas le droit d'étendre le linge sur un balcon
Moi : ha ? mais pourquoi ?
La mégère : C'est comme ça ! Je fais partie du syndic de la copropriété et je vous dit que vous n'avez pas le droit !
Moi : Mais en quoi cela vous gêne ?
La mégère : C'est comme ça, c'est tout !
Moi : C'est ce qu'on va voir !...
je la regarde avec colère, elle ne me regarde pas mais je sens son mépris qui transpire de tous ses pores...
Moi : ...ha oui, maintenant ça me revient ! C'est vous qui m'avez accueilli à notre arrivée dans l'immeuble en me disant que vous regrettiez qu'il y aie des locataires et pas uniquement des propriétaires... tu parles d'un accueil chaleureux !! Vous êtes épanouis ! Vous irradiez l'immeuble de votre joie de vivre et de votre convivialité ! Tout comme le jour où l'on a emménagé et où vous avez incendié l'un de mes amis, venus m'aider à porter des meubles, parce qu'il y avait quelques traces dans le hall d'entrée que nous n'avions pas nettoyé !!!!
La mégère : mais moi monsieur, je suis propriétaire ici et vous, vous n'êtes que locataire !
je ne sais pas ce qui s'est passé dans ma tête, mais presque au ralenti je me suis vu aggripé l'une des bouteilles que je venais d'acheter, je l'ai cassé contre le mur et j'ai tranché la gorge de la vieille peau avec le cadavre écorchant de la bouteille. Son sang a giclé partout et s'est mélangé au sol avec cet excellent St Chinian que je réservais à mes invités du soir... J'allais donc être obligé de retourner acheter une bouteille... Quel gachis ! Je l'ai regardé se vider de son sang, son regard paniqué par la peur, la douleur et l'incompréhension.
P'tain de journée !
A mes prochains invités : ne vous inquitez pas, la mégère ne vous importunera plus !
Dans quelques jours, je vais tenter de me transformer en lézard sous le soleil d'une Ile au large des cotes marocaines. Je ne suis pas certain d'avoir accès à Internet pendant ces 15 jours. Et si j'ai un accès, je ne suis pas sûr que ce soit raisonnable de me connecter. Ce sont les vacances après tout !
Ceci étant, je vais faire comme à la TV : faire des rediff de cette année écoulée.
Il y a peut-être des notes auxquelles vous aviez échappé ? Et bien, peut-être que vous n'y couperez pas pendant les 15 premiers jours d'août ! Je vous rassure, je ne republierai pas toutes les notes publiées sur ce blog cette année, non non ! Juste quelques unes qui m'ont fait marrer.
Une nouvelle rubrique donc : Z'en attendant le retour de Z
D'ici là, il me reste une petite 10e de jours pour publier du frais et préparer ce qui alimentera mon flux en mon absence.
Welcome
Bienvenue sur ce blog, ouvert depuis janvier 2005. Ici ne se raconte pas de choses très importantes. Uniquement des histoires et des humeurs qui restent subjectives puisque ce sont les miennes. Je flirte avec les 35 ans, marié, 2 enfants, je travaille depuis plus de 10 ans dans le secteur de la communication. En vrai, je ne m'appelle pas Xav Zebaker, mais Xavier Leboulanger (je précise parce que je viens de découvrir qu'il y avait un personnage de manga du même nom qui trustait les premiers résultats de Google...).
Merci de ne pas mettre les pieds sur la table, ou alors enlevez vos chaussures !
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