Samedi, fin d'après midi
Après avoir fait le ménage, ranger l'appartement, je prépare le menu pour les invités du soir. Nous serons six. Le soleil brille et réchauffe agréablement ce début septembre.
Il me reste une ou deux courses à faire et tout sera fin prêt ! Je descend la rue en direction du Franprix, achète 5 bouteilles de St Chinian, 3 bouteilles d'un quelquonque rosé et me voilà qui grimpe à nouveau la rue en direction de l'immeuble.
J'apperçois deux de mes balcons et me dit que j'ai bien de la chance ! L'un servant de terrasse et l'autre de "buanderie", les beaux jours. J'y ai étendu le linge fraichement lavé. On peut distinguer, légèrement l'étendoir depuis la rue.
Arrivé au pied de l'immeuble, une voisine, la cinquantaine bien entamée s'adresse à moi comme si j'étais la petite racaille locale :
- La mégère : C'est vous qui êtes à ce balcon ?
- Moi : heu... oui !
- La mégère : C'est interdit ! Enlevé ça immédiatement !
- Moi : Quoi ??? Pardon ? Vous me dites ???
- La mégère : Vous n'avez pas le droit d'étendre le linge sur un balcon
- Moi : ha ? mais pourquoi ?
- La mégère : C'est comme ça ! Je fais partie du syndic de la copropriété et je vous dit que vous n'avez pas le droit !
- Moi : Mais en quoi cela vous gêne ?
- La mégère : C'est comme ça, c'est tout !
- Moi : C'est ce qu'on va voir !...
je la regarde avec colère, elle ne me regarde pas mais je sens son mépris qui transpire de tous ses pores...
- Moi : ...ha oui, maintenant ça me revient ! C'est vous qui m'avez accueilli à notre arrivée dans l'immeuble en me disant que vous regrettiez qu'il y aie des locataires et pas uniquement des propriétaires... tu parles d'un accueil chaleureux !! Vous êtes épanouis ! Vous irradiez l'immeuble de votre joie de vivre et de votre convivialité ! Tout comme le jour où l'on a emménagé et où vous avez incendié l'un de mes amis, venus m'aider à porter des meubles, parce qu'il y avait quelques trace dans le hall d'entrée que nous n'avions pas nettoyé !!!!
- La mégère : mais moi monsieur, je suis propriétaire ici et vous, vous n'êtes que locataire !
je ne sais pas ce qui s'est passé dans ma tête, mais presque au ralenti je me suis vu aggripé l'une des bouteilles que je venais d'acheter, je l'ai cassé contre le mur et j'ai tranché la gorge de la vieille peau avec le cadavre écorchant de la bouteille.
Son sang a giclé partout et s'est mélangé au sol avec cet excellent St Chinian que je réservais à mes invités du soir... J'allais donc être obligé de retourner acheter une bouteille... Quel gachis ! Je l'ai regardé se vider de son sang, son regard paniqué par la peur, la douleur et l'incompréhension.
P'tain de journée !
A mes prochains invités : ne vous inquitez pas, la mégère ne vous importunera plus !



